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Les VPN ont le vent en poupe depuis quelques temps. Rares sont les vidéastes qui n'auront pas fait l'éloge de services comme NordVPN. Cependant, avant de permettre de visualiser le contenu US de Netflix, un VPN permet de créer un réseau entre plusieurs machines au travers d'autres réseaux comme Internet. Ainsi, quand des machines sont connectées au même réseau VPN, elles peuvent communiquer de la même façon que dans un réseau local. C'est donc très intéressant lorsque l'ont souhaites isoler une application d'internet en la rendant tout de même accessible dans ce réseau isolé.

VPN

Il existe tout un tas de solutions pour réaliser son VPN. La plus connue est certainement OpenVPN mais je lui préfère Wireguard pour sa très grande simplicité d'installation.

Dans mon cas d'usage, j'ai un serveur Wireguard sous Debian et des clients qui tournent principalement sur Debian mais aussi Windows et Android.

Sous Debian 10, il est nécessaire d'utiliser les dépots backports pour insaller Wireguard.

echo "deb http://deb.debian.org/debian buster-backports main contrib non-free" \
  | sudo tee /etc/apt/sources.list.d/buster-backports.list

Une fois le dépot ajouté, il suffit de mettre à jour la liste des paquets et d'installer Wireguard.

sudo apt update && sudo apt install wireguard

Sur d'autres distributions, il faudra installer wireguard-tools mais je vous laisse vous référer à la page d'installation pour plus d'informations.

En complément de Wireguard, je vous invite à installer iptables et resolvconf sur le serveur 1 et uniquement resolvconf sur vos clients 1 linux. iptables va permettre de realiser le routage des paquets tandis que resolvconf va permettre de gérer les DNS via la connexion VPN.

Une fois l'installation terminée, on va générer un couple de clés sur le serveur.

cd /etc/wireguard
umask 077
wg genkey | tee privateKey | wg pubkey > publicKey

Suite à ces commandes, 2 nouveaux fichiers ont été générés : privateKey contient la clé privée et publicKey contient la clé publique. Il faudra conserver la clé privée secrète tandis que la clé publique va permettre d'identifier le serveur auprès des clients. Son contenu sera donc partagé sur d'autres machines. Vous pouvez réaliser la même opération sur vos machines clientes qui seront elles aussi identifiées avec leur clé publique. Les interfaces graphiques de Wireguard réaliseront la générations des clés automatiquement. Bien sur, vous pouvez créer autant de clés que vous le désirez. Je recommande de créer un couple de clé par serveur VPN.

Exemples

Nous allons ensuite générer le fichier /etc/wireguard/wg0.confwg0 désigne le nom de l'interface réseau qui sera créée par wireguard. Selon vos besoins, vous pourrez en ajouter autant que vous le désirez.

[Interface]
Address = 10.0.0.1/24
SaveConfig = false
PostUp = sysctl -w net.ipv4.ip_forward=1; iptables -A FORWARD -i %i -j ACCEPT; iptables -A FORWARD -o %i -j ACCEPT; iptables -t nat -A POSTROUTING -s 10.0.0.1/24 -o eth0 -j MASQUERADE
PostDown = iptables -D FORWARD -i %i -j ACCEPT; iptables -D FORWARD -o %i -j ACCEPT; iptables -t nat -D POSTROUTING -s 10.0.0.1/24 -o eth0 -j MASQUERADE
ListenPort = 51820
PrivateKey = clé_privée_du_serveur

Dans cette configuration, je définie la page IP du réseau (10.0.0.1/24) et l'IP du serveur (10.0.0.1). Veillez à modifier le nom de l'interface connectée à Internet (ici eth0). Insérer également le contenu de la clé privée à la dernière ligne. SaveConfig à false indique que le fichier pourra être modifié pendant que le serveur est lancé. Enfin, on indique que le serveur écoute sur le port 51820. Vous pourrez répéter cette opération sur vos client mais vous devrez omettre les lignes avec PostUp, PostDown et ListenPort. Vous devrez également changer Address en incrémentant l'ip et en fixant la page à 32 (exemple : 10.0.0.2/32, 10.0.0.3/32, etc.).

Enfin, il faudra renseigner la liste des clients du réseau VPN en utilisant leur clé publique et l'adresse IP qu'ils auront configurée.

[Interface]
...

[Peer]
PublicKey = clé_publique_du_client_1
AllowedIPs = 10.0.0.2/32

[Peer]
PublicKey = clé_publique_du_client_2
AllowedIPs = 10.0.0.3/32

Coté client, il faudra renseigner le serveur :

[Interface]
...

[Peer]
PublicKey = clé_publique_du_server
AllowedIPs = 10.0.0.0/24
Endpoint = ip.du.serveur.vpn:51820
PersistentKeepalive = 20

Dans cet exemple, j'ai définie que seuls les paquets à destination du réseau VPN seront routés dans le VPN : AllowedIPs = 10.0.0.0/24. Si vous voulez router tout votre traffic, saisissez AllowedIPs = 0.0.0.0/02. Pour ajouter plusieurs plages, il suffit de les séparer par des virgules. Dans le bloc [Interface] des clients, vous avez la possibilté d'ajouter une propriété DNS afin de paramétrer un ou plusieurs serveurs DNS. Les serveurs DNS devront être accessibles par le serveur VPN ou le client selon le paramétrage de AllowedIPs. Attention, les DNS seront paramétrés comme des DNS classiques et ils seront sollicités pour résoudre tous les noms.

Une fois les configuration effectuée, vous pourrez démarrer ou arrêter la connexion VPN avec sudo wg-quick up wg0 et wg-quick down wg0 sur le serveur et sur les clients. Vous pourrez monitorer les connexions avec la commande sudo wg.


  1. Techniquement, chaque pair (ou peer) est à la fois client et serveur. Quand je parle de "serveur", je fais référence à la machine qui va jouer le rôle de routeur pour les différents pairs du VPN. Techniquement, un pair peut s'interconnecter à autant d'autres pairs qui lui est possible de joindre (cf la doc officielle et la doc Archlinux). ↩︎↩︎

  2. Que ce soit sur un "serveur" ou un "client", AllowedIPs indique pour quelle(s) plage(s) IP le pair sera emprunté pour router les paquets. Sur le serveur, on souhaite que chaque pair reçoivent exclusement les paquets qui leur sont destinés (IP du pair/32) tandis que sur le client, 2 cas d'usages classiques seront généralement retenus : soit on utilise le serveur pour router que le traffic du réseau VPN (10.0.0.0/24) soit on veut que le serveur serve de proxy et tout le traffic réseau passera par lui (0.0.0.0/0). ↩︎


Je viens de publier le code source d'un nouveau projet : Wireguard GUI.

Pour rappel, Wireguard permet de réaliser des VPN rapidement et assez simplement. Il est multiplateforme et très robuste.

Wireguard GUI est quant à lui un logiciel écrit en Go qui pemet de gérer les connexions existantes de Wireguard depuis une application graphique. L'idée derrière cet utilitaire est de faciliter la modification des fichiers de configuration et de gérer le démarrage des interfaces. Wireguard GUI est destiné à Linux.

C'est un projet libre et il vous pouvez télécharger une version compilée depuis la page des releases. Toutes les informations techniques sont disponibles sur le dépot du projet.

Wireguard GUI


Au moment où j'ai commencé à utiliser Wireguard, je me suis aperçu que le principal usage que j'en ferais serait le DNS.

Sur l'ensemble de mes périphériques (ordinateurs, smartphones, serveurs), j'apporte une grande attention à la protection de ma vie privée. Mon informatique n'est pas parfaite mais j'essaye de faire de mon mieux en ajustant la sécurité des services, la protection des données et le confort des outils.
À ce titre, j'utilisais Blockada sur mon smartphone. Cette application permet (principalement) de modifier les DNS utilisés sur votre smartphone. Si on choisi un DNS qui opère du filtrage, alors on peut réduire l'affichage des publicités ou bloquer l'accès à des services malveillants. Mais je devais nécessairement passer par un DNS public que je ne peux pas configurer.

Lors de la configuration d'un accès via Wireguard, on peut spécifier un DNS à attribuer au périphérique. J'ai donc mis en place un DNS redondant dans mon réseau privé, accessible aussi via mon réseau VPN Wireguard. J'ai choisi d'utiliser l'application AdGuard et j'ai ajouté quelques listes pour réaliser du filtrage. Tout mon réseau privé et mes périphériques connectés au VPN bénéficient de ces DNS privés. Que je sois chez moi ou en itinérance, mes filtres DNS sont appliqués et mon traffic mobile passe systématiquement dans mon VPN.

En complément de ce DNS, j'utilise l'extension uBlock Origin et je dois dire que la combo est vraiment efficace. C'est extrèment rare de voir de la publicité et ma navigation est selon moi plus sécurisée. Si toutefois uBlock ne bloque pas une requête, alors le DNS prend le relais et fait le reste du ménage.

Sur les 30 dernières jours, le DNS principal a réalisé 1,3 millions de résolutions et en a bloqué près de 43 milles. En moyenne, 3 à 5% des requêtes DNS sont filtrées, ce qui représente environ 500 domaines qui délivrent majoritairement de la publicité et de la télémétrie.

Adguard