Politique

Je suis critique pour moi-même

La semaine dernière, mon quartier a subi une coupure électrique qui a rendu inaccessible mon serveur auto-hébergé pendant 2 heures.

Il m'a fallu seulement quelques petites minutes pour me rendre compte qu'il y avait un problème et pendant tout le temps de la panne, je me suis rendu compte que la très grande majorité de mes outils étaient indisponibles :

  • Mes mails
  • Mes calendriers
  • Mon gestionnaire de tâches
  • Mes contacts téléphoniques
  • Mes fichiers et mes partages
  • Mes dépôts pour mes projets
  • Mon lecteur de flux RSS et mon instance Wallabag qui m'aide aussi à partager ma veille
  • Des outils de monitoring
  • Et encore d'autres services…

C'est pénible mais ce n'est pas insurmontable quand on sait que rien n'est cassé et que c'est juste un problème de courant. Cette une grosse centralisation de données et services que j'aurais largement critiquée dans un autre contexte. Cependant, comme tout est hébergé à la maison, ça ne me pose véritablement aucun problème et il faut accepter des coupures de temps en temps.

Je crois que c'est une étape importante qui a été franchie avec la reprise en main de toutes les données numériques qui m'appartiennent qui et ne devraient pas stockées ailleurs.

Not bad


Comment remplacer Google ?

Cette notion de vie privée ébranlée par cette surveillance à grande échelle amène à se poser tout un tas de questions. La première et sans doute l'une de plus compliquée sont les outils : comment remplacer des outils qui fonctionnent bien mais qui deviennent une contrainte pour sécuriser sa vie privée ?

Google a une place dominante sur Internet. Moteur de recherche, réseau social, email, vidéos, c'est bien l'ensemble de ces outils qu'il faut remplacer par d'autres libres, ouverts et respectueux de ses utilisateurs.

Je n'ai pas toutes les réponses et je suis conscient qu'il n'existe pas toujours de si bonne alternative. D'ailleurs, c'est sans doute l'une des forces de Google (et entreprise du genre) : leurs outils sont suffisamment bien pensés pour aguicher les plus extrémistes d'entre nous.

Concrètement, que pouvons-nous mette en place pour se passer de Google ? De mon coté, mes habitudes ont été updatées et encore beaucoup de travail m'attends.

Commençons par les emails. Cela fait maintenant plusieurs années que j'ai de quoi envoyer et recevoir des emails chez moi. J'utilise la solution postfix pour envoyer et recevoir mes courriers en *@deblan.*. Bien que l'installation complète et sécurisée d'un serveur de mail ne soit pas toujours évidente, aujourd'hui ça fonctionne bien et j'arrive à passer les filtres anti-spam même si je suis derrière une IP de ligne ADSL. Des solutions complémentaire comme postgrey et spamassassin permette de garantir un filtre suffisamment robuste pour ne pas s'en prendre trop dans la tronche.
Pour les moins courageux, je vous invite à vous dirigez vers des associations comme Rhien.

Les parties "réseau social" et "vidéos" sont assez sensibles. En effet, c'est en effet de masse seulement que les choses pourraient changer. La visibilité des données devient plus ou moins importante selon le profil des utilisateurs et il m'est impossible de recommander un outil plus qu'un autre. Il est existe du logiciel libre "social" comme StatusNet et Twister, ou encore Diaspora, caractérisés avant tout par leur utilisation décentralisée, mais seule une minorité d'internautes les ont installés.
Du coté des plateformes vidéos, pas mal de solutions web-based sont disponibles et des outils comme Wordpress peuvent facilement accueillir ce type de contenus. il y a deux problèmes plus ou moins importants : si on héberge son contenu à la maison, en dehors des lignes VDSL ou en fibre optique, les débits ne sont pas suffisants pour assurer un service digne de ce nom. J'aurais tendance à privilégier les réseaux P2P mais ça reste compliqué et ça sort des sentiers battus du streaming. Pour une médiathèque plus ou moins avancée, il pourra être intéressant d'utiliser Owncloud. Owncloud est d'ailleurs une excellente alternative à l'espace de stockage Google Drive ou à l'agenda de Google Calendar. Par ailleurs, il permet maintenant l'édition de document collaborative.

Sans faire le tour complet de Google, il reste à présent le moteur de recherche à remplacer. Personnellement, j'ai mis quelques temps avant de pouvoir m'en défaire. Il faut avouer qu'il est performant mais la politique de Google me déplait et mes données personnelles passent avant tout. J'ai épluché quelques solutions et j'ai utilisé, pendant un court temps, Seeks. Il fait office de proxy et agrège différents moteurs de recherches pour récupérer des résultats. Bien que le projet soit extrêmement intéressant, il ne m'a pas convaincu (mais je garde sous le coude !). Duck Duck Go est un moteur qui s'appuie sur Google mais rend nos requêtes anonymes. Il fonctionne bien mais j'aimerais autre chose que des résultats textuels. Typiquement, quand je recherche le titre d'un artiste, j'ai envie qu'on me propose aussi des vidéos et des images. Du coup, je me suis retranché sur Qwant, un moteur de recherche Français avec la législation française avec lui (et moi). Il fonctionne pas mal même si certaines requêtes m'ont amené trop peu de résultats pertinents. Cependant, il accueil les fonctionnalités que je cherchais avec une interface plutôt sympatique.